Quand l’amour s’écrit dans l’histoire de Fontenay-aux-Roses

À l’occasion de la Saint-Valentin, les Archives municipales de Fontenay-aux-Roses invitent à remonter le temps pour découvrir ces couples célèbres dont les histoires d’amour, d’engagement et de générosité ont durablement marqué la ville.

Marguerite et Aristide Boucicaut

Les noms de Marguerite Boucicaut, née Guérin (1816-1887), et d’Aristide Boucicaut (1810-1877) restent indissociables de la prospérité exceptionnelle du grand magasin parisien Au Bon Marché, situé rue de Sèvres. Grâce à des techniques de vente alors novatrices, comme l’entrée libre, l’affichage des prix, la vente sur catalogue, les promotions ou encore l’intéressement des employés, le couple révolutionne le commerce et amasse une fortune considérable, qu’il choisit de redistribuer largement à ses salariés ainsi qu’à de nombreuses villes et institutions.

Devenue veuve en 1877, puis frappée par la disparition de son fils unique, Anthony-Aristide Boucicaut, en 1879, Marguerite Boucicaut assure seule la direction du magasin et poursuit l’œuvre engagée avec son époux.


Ce qu’ils ont laissé à Fontenay-aux-Roses

D’origine modeste, elle blanchisseuse et lui petit chapelier, Marguerite et Aristide Boucicaut ont durablement marqué Fontenay-aux-Roses par deux valeurs fortes : la générosité et le désintéressement. Installés dans la commune vers 1860, ils participent activement aux nombreuses quêtes publiques de l’époque.

Marguerite Boucicaut finance la construction et l’entretien de l’hospice Boucicaut, ouvert en 1884 pour accueillir dix personnes âgées, aujourd’hui connu sous le nom de Maison des entrepreneurs. En tant que principal contribuable, Aristide Boucicaut est associé aux grandes décisions municipales, mais refuse le poste de maire. Ce n’est qu’après le décès de Marguerite que la Grande-Rue est renommée rue Boucicaut, en 1888.

La destruction de leur villa, située au 35 rue Boucicaut, en 1954, suscite une vive émotion parmi les habitants.

Pour en savoir plus sur le couple Boucicaut à Fontenay-aux-Roses : Les époux Boucicaut : l’éloge du partage.


Pour en savoir plus sur le couple Boucicaut à Fontenay-aux-Roses : Les époux Boucicaut

Myrrha Borodine et Ferdinand Lot

Ferdinand Lot (1866-1952), professeur à la Sorbonne, fait la connaissance de Myrrha Borodine (1882-1957), née à Saint-Pétersbourg et venue en France pour étudier l’histoire et la littérature. Mariés en 1909, ils ont trois filles, Irène, Marianne et Évelyne.

Ferdinand Lot devient un médiéviste de renommée internationale, tandis que son épouse, Myrrha Lot-Borodine, s’impose comme une spécialiste de la littérature médiévale et une théologienne reconnue. Profondément engagés, notamment lors des deux conflits mondiaux, ils œuvrent contre l’occupant allemand depuis leur domicile situé au 53 rue Boucicaut. Ils terminent leur vie à Fontenay-aux-Roses, leur ville d’adoption, où ils reposent aujourd’hui.


Ce qu’ils ont laissé à Fontenay-aux-Roses

Durant la Première Guerre mondiale, Ferdinand Lot anime un fourneau économique destiné aux Russes de la région et s’investit fortement dans le refuge franco-belge installé dans les locaux de l’ancien collège Sainte-Barbe.

Conseiller municipal éphémère en 1919, il participe également au comité chargé de l’érection du monument aux morts. Le couple contribue activement au développement de la bibliothèque municipale par de nombreux dons d’ouvrages et par leur participation à sa gestion au sein de la commission dédiée.

La rue Ferdinand-Lot, qui dessert le lotissement de la Fontaine-des-Moulins, porte son nom depuis 1959.


Marie Dormoy et Paul Léautaud

C’est en 1922 au Mercure de France que Marie Dormoy (1886-1974), critique d’art et écrivain, croise pour la première fois Paul Léautaud (1872-1956) qui y est employé.

Travaillant pour la bibliothèque Jacques Doucet, qui conserve des manuscrits d’écrivains, elle est l’une des premières à comprendre l’importance du Journal littéraire que P. Léautaud écrit chaque soir dans sa maison du 24 rue Guérard. A partir de 1933, Marie Dormoy devient la compagne du Fontenaisien qui accepte, deux années plus tard, qu’elle dactylographie son Journal, un engagement qui sauve probablement ces milliers de pages écrites depuis 1893 à la plume d’oie et à la lueur d’une bougie.

Quatre années après la fin de ce couple dissemblable, elle, mondaine et élégante, lui, solitaire et de plus en plus négligé, le Journal est vendu à la Bibliothèque Doucet. Marie Dormoy prendra soin de son auteur, sans beaucoup de reconnaissance, jusqu’à son décès survenu à la Vallée-aux-Loups en février 1956.


Ce qu’ils ont laissé à Fontenay-aux-Roses

Paul Léautaud a fait connaître Fontenay-aux-Roses au-delà des Hauts-de-Seine. La maison du 24 rue Guérard, dénaturée et amputée de son jardin attire toujours des curieux. Dans les Archives de la commune, plusieurs documents relatifs à l’homme de lettres : un courrier de 1918 à en-tête du Mercure de France sur les bombardements, un autre de 1937 sur les inconvénients de la TSF du voisinage, une déclaration de non-possession de chien en 1945, une signature en août 1951 dans le Livre d’or de la Ville, une photo de la pose de la plaque devant sa maison en 1982, un tableau de Fernand Desnos…

Et puis une lettre datée de 1965 de Marie Dormoy, légataire universelle et exécuteur testamentaire de Paul Léautaud, demandant le changement de nom de la rue Guérard. En réponse, la ville nommera une nouvelle rue dans le quartier des Sorrières du nom de l’auteur du Petit Ami.

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