C’est en 1922 au Mercure de France que Marie Dormoy (1886-1974), critique d’art et écrivain, croise pour la première fois Paul Léautaud (1872-1956) qui y est employé.
Travaillant pour la bibliothèque Jacques Doucet, qui conserve des manuscrits d’écrivains, elle est l’une des premières à comprendre l’importance du Journal littéraire que P. Léautaud écrit chaque soir dans sa maison du 24 rue Guérard. A partir de 1933, Marie Dormoy devient la compagne du Fontenaisien qui accepte, deux années plus tard, qu’elle dactylographie son Journal, un engagement qui sauve probablement ces milliers de pages écrites depuis 1893 à la plume d’oie et à la lueur d’une bougie.
Quatre années après la fin de ce couple dissemblable, elle, mondaine et élégante, lui, solitaire et de plus en plus négligé, le Journal est vendu à la Bibliothèque Doucet. Marie Dormoy prendra soin de son auteur, sans beaucoup de reconnaissance, jusqu’à son décès survenu à la Vallée-aux-Loups en février 1956.